Pourquoi et jusqu’où la compétition est-elle bonne ?

C’est une question essentielle dans un monde où la compétition est omniprésente : dans le sport, l’école, l’entreprise, les relations sociales. Elle nous pousse, nous stimule, nous challenge. Mais où est la limite entre ce qui élève… et ce qui consume ?

A chacun sa réponse à cette question selon son expérience, et je vous partage quelques réflexions sur le sujet.

Sur cette photo, comme tant de personnes qui pratiquent ou ont pratiqué cette discipline, je suis un jeune judoka, confronté à l’un de mes opposants pour tenter de gagner le combat qui me mènera, peut-être, à la médaille d’or. À cette époque, la compétition était mon moteur. Je l’aimais pour son intensité, pour la montée d’adrénaline avant un combat, pour le sentiment gratifiant d’avoir tout donné et, quand tout se passe au mieux, d’avoir gagné. Elle me permettait de me forger, de tester mes capacités, de me mesurer à moi-même à travers l’autre. Cette phase m’a été indispensable.

Et puis, des années plus tard, j’ai découvert l’aïkido. Autre ambiance. Pas de score, pas de vainqueur. Un partenaire au lieu d’un adversaire. Un mouvement fluide au lieu d’un affrontement brutal. L’aïkido m’a appris à être différemment présent, à faire preuve de disponibilité totale pour être à l’écoute de ce qui se passe et m’adapter, à canaliser l’énergie sans chercher à dominer, simplement neutraliser. Il m’a fait comprendre que certaines victoires ne se voient pas, mais se vivent de l’intérieur. D’une autre manière.

Alors jusqu’où la compétition est-elle bonne ?  

Je crois qu’elle l’est lorsqu’elle sert un processus de croissance, et non une quête de validation. Qu’elle est bénéfique quand elle révèle des ressources, mais pas quand elle écrase. Qu’elle devient nocive lorsqu’elle se transforme en obsession, qu’elle alimente la peur de l’échec ou la comparaison permanente.

Je ne crois ni au “tout-compétitif”, pourtant proche de la réalité mais malheureusement sujet à de nombreuses dérives, ni à son rejet total qui n’est qu’un leurre. Je crois que la compétition peut être noble, saine, éclairée. Un formidable terrain d’engagement, de rigueur, de dépassement de soi, mais qui ne doit jamais faire oublier le sens, la relation, l’équilibre. Le respect et le partage. C’est pourquoi il lui faut un cadre, des règles et des limites.

Oui, la compétition peut être bonne, très bonne même. Mais pas à n’importe quel prix. Elle doit rester un moyen, jamais une fin. Une occasion de se découvrir, pas de se perdre.

Et vous, quelle est votre expérience de la compétition ?

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